Les actus

Deux conflits et quatre regards

Cette 30e édition des Œillades sera, comme les précédentes, un reflet du meilleur de la production cinématographique francophone de l’année. Mais les cinéastes puisent en grande partie leur inspiration dans le monde réel, et il ne faudra donc pas s’étonner que des sujets à priori aussi peu réjouissants que les guerres et les conflits occupent une place assez importante dans notre programme.

Qu’on se rassure, sur ces thèmes, un bon film est un film qui, outre ses qualités propres, nous aide à mieux comprendre le passé et nous donne des pistes de réflexion et d’action pour aujourd’hui et pour demain. On en ressort ému mais avec des raisons d’espérer.

Les braves (Coward ) de Lukas Dhont, nous entraîne dans l’enfer de la 1ère guerre mondiale, sur le front belge en 1916. Derrière les tranchées, les soldats tentent de garder le moral. Un jour Pierre fait la connaissance de Francis. Les deux hommes décident, avec leurs camarades, de monter une revue théâtrale.

Une autre raison, beaucoup plus anecdotique, de voir ce film : Pourquoi un titre anglais pour une coproduction France-Belgique-Pays-Bas ? Et surtout, pourquoi une traduction française à l’exact inverse du titre anglais : Lâches, ou courageux ? Nul doute que le film réponde à ce dilemme.

À noter que les deux acteurs principaux ont obtenu conjointement le prix d’interprétation masculine au dernier festival de Cannes.

 

La deuxième guerre mondiale est évoquée, racontée dans Notre Salut, de Emmanuel Marre, où

le réalisateur s’inspire de l’histoire de son arrière-grand-père, au travers de la correspondance que celui-ci a entretenu avec sa femme.

En 1940, Henri Marre, un ingénieur de 49 ans vient se mettre au service du régime de Vichy. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Jusqu’où un homme ordinaire peut-il aller pour faire fonctionner l’horreur ?

Prix du scenario au dernier festival de Cannes, pour beaucoup de critiques et de spectateurs, il aurait mérité la Palme d’Or.

 

À la collaboration, Le faux Soir, de Michaël R. Roskam, répond par le récit d’un acte de résistance singulier.

En Novembre 1943 , un groupe de résistants belges met en œuvre une opération clandestine inédite. Ils publient le Faux Soir, un faux numéro du journal Le Soir, principal quotidien du pays alors sous contrôle allemand. Leur objectif est de ridiculiser l’occupant et de réveiller l’opinion publique.

Ce geste de résistance, qualifié de premier « hacking » médiatique de l’histoire, a fortement contribué à remonter le moral des populations dans l’Europe occupée, au point que le 1er ministre anglais Winston Churchill adressa ses félicitations au journaliste et résistant Marc Aubrion, à l’origine de cette initiative.

 

Quant à New York, Miriam et moi, de Rémy Schaepman et Léhan Vivier-Chapas, ce film d’animation, issu du studio français Folivari, est une adaptation du livre « The Nazis, my father and me », de Robert H. Lieberman.

A New York en 1941, alors que le FBI traque les espions venus d’Europe, Steven voit son père disparaître dans la foule de Grand Central, poursuivi par deux inconnus. Décidé à le retrouver, il fait équipe avec Miriam, une réfugiée autrichienne passionnée de romans policiers et experte en filatures. De Central Park à la Statue de la Liberté, les deux enfants remontent la piste du disparu. Mais au fil de leur enquête, ils découvrent qu’un complot bien plus vaste se trame dans l’ombre de la ville.

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